Dans le journal « Le Monde du 07 juin 2005 », le journaliste Christophe Jakubyszyn emploie une fois plus le terme « populisme » :
« Après un séminaire du gouvernement et juste avant sa déclaration de politique générale, mercredi 8 juin, le premier ministre interroge les syndicats sur leurs solutions pour l’emploi. Convaincu que la résolution du chômage est seule susceptible de vaincre la montée du populisme pour 2007. » (p. 7 : Titre : M. de Villepin cherche sa voie entre flexibilité et allégement des charges)
Ce terme, "populisme", on l’entend de plus en plus souvent employé en France mais aussi en Europe. Il faut savoir que ce terme a une définition sociologique qui nous est donnée par Jean-Claude Passeron dans son ouvrage « Le raisonnement sociologique ». Pour aller vite, ce concept signifie que le populiste aurait pour but de flatter les dominés par une certaine maîtrise des représentations mentales, en flattant leur identité culturelle, en faisant de la "bienveillance morale", en se servant de la peur aussi. Dans la conception populiste, il y a l’idée de masse et de propagande. Quand le journal « Le Monde » désigne les populistes sans plus d’explication, il vise essentiellement l’extrême droite, et l’extrême gauche souvent mis dos à dos depuis quelques semaines. Or le populisme n’est pas l’apanage du FN, ou de l’autre côté, de la LCR et de LO. Toucher les dominés grâce aux émotions, aux peurs, aux craintes, aux ressentiments, c’est ce que font les populistes Sarkozy ou Chirac avec le sentiment sécuritaire. Le Parti Socialiste est populiste quand il se sert d’une représentation catastrophique des effets du « vote non ». L’UDF est populiste quand il cherche à récupérer les mauvais effets de l’UMP au pouvoir. En bref, le populisme c’est vouloir être reconnu massivement par une propagande basée sur le sensible. Les moins populistes, dans le fond, seraient ceux qui argumentent le plus sans se servir des émotions pour faire passer leurs projets politiques. Mais ça signifie qu’il est nécessaire d’avoir un véritable projet politique. Il est vrai que les médias laissent peu de place à l’exposition de projets politiques élaborés.
Pour conclure, tous les partis politiques qui tendent à vouloir accéder au pouvoir ou qu’ils soient de « contre-pouvoir », sont populistes. Les plus populistes sont, finalement, ceux qui ont les plus gros moyens de propagande
Amour et respect
Bien sûr, si je gagnais 1 million d'euros, je ferais la fête et offrirais des cadeaux à mes proches, je ferais des dons à des associations s'occupant d'enfants, de protection de la nature et d'animaux, j'acheterais une grande maison économe et autonome en énergie. Je m'offrirais une thalassothérapie, des voyages, en Écosse pour son intemporalité et sa beauté, dans les îles pour essayer mes nouveaux maillots de bain et au ski parce que ça fait longtemps. J'achèterais une voiture écologique pour contribuer le moins possible au réchauffement de la planète, la mienne a plus de 15 ans. Je changerais de banque et j'irais au Crédit Coopératif, c'est une banque à part entière mais qui pratique en plus une finance éthique, l'argent qui y est placé finance l'économie solidaire et des ONG dans des domaines tels que le développement durable, l'aide aux populations défavorisées... Il faut être vigilant car de plus en plus de banques proposent des fonds éthiques mais qui parfois n'ont d'éthique que le nom. Enfin, je prendrais une année sabbatique pour ouvrir une boulangerie pâtisserie salon de thé qui offrirait exclusivement des produits bio ou issus du Commerce Équitable (qui sont eux-mêmes en très grande partie bio même s'ils n'ont pas le label pour les simples raisons que les petits producteurs sont trop pauvres pour acheter pesticides et engrais chimiques, que le respect de l'environnement est l'un des critères du Commerce Équitable et qu'il coûte cher d'obtenir le label bio (si l'état pouvait intervenir pour faire baisser la labellisation aux noms de la santé publique et du développement durable!)). Si ça marche, je démissionne.
Si je gagnais 10 millions d'euros, fête, cadeaux, dons, maison, voiture, voyages comme il se doit. Je donnerais ma démission et j'ouvrirais plusieurs magasins bio et équitable, une attention très particulière serait portée au cadre, j'aime beaucoup la déco. Je confierais de l'argent à des associations qui gèrent des microcrédits et dont l'inventeur a eu la bonne idée de recevoir le prix Nobel de la paix 2006. Les microcrédits sont accordés à des personnes très pauvres, pas assez rentables pour que les banques classiques daignent leur concéder un prêt. Ainsi, les sommes prêtées sont de l'ordre de quelques dizaines à centaines d'euros. Ce sont le plus souvent des femmes qui en sont les bénéficiaires afin de leur permettre d'élever leurs enfants et de devenir autonomes en s'affranchissant de la tutelle des hommes. Certaines achètent une chêvre pour en vendre le lait, d'autres des poules ou encore une machine à coudre afin d'ouvrir un petit atelier de confection, les idées ne manquent pas. Un tissu économique local s'installe, le développement peut faire son oeuvre.
Si je gagnais 100 millions d'euros, j'emmenerais tout le monde faire la fête au soleil, démission, maison, voiture, chaîne de boulangeries pâtisseries salons de thé bio et équitable, dons, fonds éthiques, microcrédits. En Afrique, j'installerais des panneaux solaires pour les écoles, les dispensaires et pour faire fonctionner des puits, non seulement pour boire mais aussi pour redévelopper l'agriculture vivrière, celle qui nourrit la population locale, en opposition à la culture d'exportation qui nous nourrit nous, de produits tropicaux pas chers. Je replanterais des arbres, je créerais des parcs naturels pour protéger les animaux, la nature et la population locale en développant un tourisme éthique. Je réouvrirais les hôpitaux fermés par le FMI (Fonds Monétaire International) et la banque Mondiale (pour cause d'ajustement structurel: privatisations, libéralisation, réduction drastique des dépenses publiques (enseignement, santé...) afin de rembourser des dettes qui ont déjà été payées plusieurs fois vu les taux d'intérêt pratiqués ou d'obtenir de nouvelles aides ou d'être elligible à l'effacement de la dette). J'aimerais aussi ouvrir des écoles, former des maîtres et tout comme l'a fait le président Lula au Brésil, verser une allocation aux plus pauvres qui envoient leurs enfants à l'école car le développement est indissociable de l'éducation.
Mon salaire me permet un prélèvement mensuel de 9,15 euros pour Médecins sans frontières (à l'origine c'était l'opération 1 franc par jour pour nourrir un enfant). Un abonnement de 7,50 euros à Courrier International, sa particularité est de reprendre des articles des journaux du monde entier concernant l'actualité politique, économique, scientifique... en proposant différents points de vue. La lecture de ce journal est toujours passionnante et on y apprend des tas de choses. Je fais aussi des dons ponctuels à différentes associations et j'envisage le parrainage d'une petite fille du Tiers-Monde. Mon plus gros "budget développement durable" est consacré aux produits bio. Ils représentent environ un tiers de mes courses. Pourquoi? Retenez juste 2 chiffres : en 20 ans le nombre de cancers a augmenté de 60 % et l'on mange environ 4 kg de pesticides par an, ce qui fait 1kg par trimestre, 330g par mois, 80g par semaine et plus de 10g par jour. Moi et mes enfants n'en consommons qu'environ 2,6 kg par an. Les médecins reconnaissent maintenant un lien entre ces produits ingérés et cette maladie, on peut aussi ajouter les produits chimiques contenus dans notre environnement que l'on peut toucher ou respirer. C'est pour cela que le parlement européen a voté, ce 13 décembre 06, REACH qui devait à l'origine obliger les industriels à prouver que les molécules chimiques qu'ils emploient sont sans effet néfaste sur la santé en faisant l'étude des 100000 molécules utilisées, au terme de plusieurs années de discussions et de lobbying des industriels, seules celles produites à plus d'une tonne seront étudiées et celles fabriquées à plus de 10 tonnes auront une étude complète, c'est à dire 12000 molécules. On sait déjà que des groupes de substances connues pour leur toxicité ne seront pas étudiés et que de toutes façons les industriels pourront continuer à utiliser librement toutes substances reconnues nocives après étude. Quant aux cancers, d'autres raisons, bien sûr, peuvent en expliquer l'augmentation comme le stress de nos vies et d'autres encore que j'ignore. Pour revenir au bio, aujourd'hui, on en trouve partout, même du lait, des oeufs, des carottes dans des magasins discount.
Depuis mes 11ans, j'écoute tous les matins les infos. Je suis attentive aussi à la grand'messe du 20h et il y a maintenant les nouvelles chaînes info. Il faut en prendre et en laisser, le mieux est de multiplier ses sources, la lecture du Courrier International complète bien l'ensemble. Ce qui m'a le plus marquée adolescente, était la guerre du Liban et particulièrement le sort de Beyrouth, cela n'en finissait pas, je dois dire que ça me rendait malade.
Heureusement, de nombreuses personnes réagissent à cette paupérisation, cette injustice et s'engagent dans des associations caritatives ou dans des ONG (Organisations Non Gouvernementales) qui pour certaines dénoncent plus ou moins fort les pratiques libérales ravageuses et participent également pour certaines aux Forum Sociaux Mondiaux. Ces ONG constituent la société civile, face à la société politique.
Ce que font toutes ces personnes engagées dans les 2 premiers domaines est formidable et in-dis-pen-sa-ble. Seulement, ils ne font que poser des pansements sur des plaies qui se rouvriront tôt ou tard et d'autres plaies continueront de s'ouvrir ailleurs. Le problème n'est pas réglé, il faut s'attaquer aux racines du mal, c'est l'enjeu du troisième domaine. Oui à la mondialisation mais pas celle que l'on nous sert actuellement. Il faut des échanges régulés, justes, équitables, non imposés et c'est là que le Commerce Équitable (CE) prend sa source et trouve toute sa justification. Dans le CE, les petits producteurs (paysans et artisans) sont payés à un prix juste et équitable, celui qu'ils demandent pour vivre dignement, et qui leur permet notamment d'envoyer leurs enfants à l'école plutôt que dans les champs. Pour les ouvriers d'usines, on parle de Commerce Éthique, très difficile à mettre en place, où l'on demande tout simplement que les règles de l'OIT (Organisation Internationale du Travail) soient respectées et qu'un salaire digne leur soit versé. En France, le Collectif de l'Ethique sur l'Étiquette (ADM en est à l'origine et en fait partie) organise des campagnes pour sensibiliser le public et faire pression sur les décideurs politiques, et demande aux grandes marques et aux distributeurs de veiller aux conditions sociales de production des marchandises qu'ils commercialisent, notamment les jouets, les articles de sport et les vêtements. Le grand bonheur pour le Collectif (et pour nous) serait de voir se créer un label social indiquant que l'article a été produit dans le respect des Droits de l'Homme au travail. Pour que le commerce qualifié d'éthique ou d'équitable devienne Le Commerce avec ses lettres de noblesse, un Commerce portant avec lui un développement et un enrichissement mutuel pas seulement financier mais aussi humain, voilà pourquoi je suis engagée depuis novembre 2002 dans le Commerce Équitable auprès d'Artisans du Monde. Cependant, le commerce international n'est pas le seul à poser problème, il y a aussi la spéculation boursière.
Et si l'on veut bien voir plus loin que le bout de son nez, on pourra aisément comprendre que si les conditions de travail et les salaires s'améliorent nettement là-bas dans la nouvelle usine du monde, j'ai nommé la Chine (et l'Asie d'une manière plus générale), il n'y aura sans doute plus de raison de délocaliser nos emplois. Ne serait-ce que pour que nous puissions les garder, nous avons tout intérêt à voir le niveau de vie augmenter dans le Tiers-Monde, ceci permettrait aussi aux populations de ne plus avoir besoin d'émigrer pour survivre. Plutôt que d'être pour une mondialisation des échanges, je suis pour une limitation du commerce international d'une part pour réduire d'autant les transports internationaux source de pollution et facteur agravant du réchauffement climatique et d'autre part pour préserver les emplois. Je suis en fait pour une Régionalisation des échanges. qu'est -ce que cela veut dire? Au lieu de n'avoir que pour seul objectif le développement des exportations, limitons-les aux produits spécifiques qui ne peuvent pas être produits sur place, que chaque pays se consacre à son développement intérieur, l'équipement des biens de la maison et de la collectivité (routes, assainissement...), à ses services sans oublier de développer une agriculture biologique source d'emplois (et de santé) où la souveraineté alimentaire (capacité de nourrir sa population, à être autosuffisant) serait un droit; la croissance ne peut pas être éternelle à moins que l'on colonise une autre planète et ses habitants:->. Lorsque je parle de région, je ne parle pas de vivre en autarcie, je pense "local" d'une part, mais aussi je pense à plusieurs pays formant eux-mêmes une région du monde, telle l'Europe, les USA, la région Amérique du sud qui met actuellement en place un grand marché intérieur, le MERCOSUR, ainsi que les pays de l'Asie du SE...Pour que les échanges régionaux puissent être justes, équilibrés, équitables, régulés et non imposés, il faut évidemment une unité géographique mais surtout une unité de niveau de vie ou de développement ou encore de richesse de tous les pays composant une région. Car là est le drame actuel de la mondialisation ultra libérale mettant en concurrence des pays (très) pauvres avec des pays (très) riches qui fixent leurs règles à leur profit (est-il besoin de le dire), c'est le pot de terre contre le pot de fer, le combat est inégal et la course au profit maximum nous mènera tous à notre perte, Mère Nature a déjà commencé à nous remettre les pendules à l'heure. Et si nous trouvons les prix plus élevés, et bien consommons moins mais consommons mieux: achetons moins de babioles inutiles et achetons des choses de meilleure qualité matérielle et sociale, devenons consom'acteurs, ne subissons plus la consommation, maîtrisons-la; de plus s'il y a moins de chômeurs, il y aura moins de prélèvements à verser donc du pouvoir d'achat libéré et plus de consommateurs, la sacrosainte consommation sera ainsi soutenue. Le consumérisme a ses limites: celle de la justice sociale et celle de la planète. Si les 6,5 milliards d'êtres humains vivaient comme des Européens, il faudrait 2 planètes supplémentaires; s'ils vivaient comme des Américains, il faudrait 4 planètes supplémentaires. Nous ne pouvons pas continuer ainsi à consommer, piller les richesses de la Terre, polluer.Nous devons changer nos valeurs, posséder ne doit plus être notre raison d'être. Quelqu'un a dit un jour:" Ce n'est pas nous qui possèdons les choses, ce sont les choses qui nous possèdent". Libérons-nous!
D'autre part, il est indispensable que chaque pays puisse bénéficier d'une totale souveraineté nationale, qu'il soit libre de ses choix, cela porte le nom de démocratie. Cela peut paraitre évident mais ce n'est plus le cas pour les pays européens qui ont abandonné à Bruxelles une partie de leur liberté de décision, plus particulièrement à la Commission Européenne (où les représentants sont nommés). On se souvient que le candidat Chirac avait promis de baisser la TVA pour la restauration, il n'en a jamais eu l'autorisation; il paraitrait que le candidat Sarkozy aurait fait la même promesse (affaire à suivre). Je m'excuse d'avoir mal jugé le système d'élection présidentielle américaine parce qu'il est indirect, au moins, le plus haut dirigeant est élu démocratiquement et a des comptes à rendre à la population, ce n'est pas le cas des "nommés" de Bruxelles.

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